Les langues de Bretagne, état des lieux
Après avoir été fragilisées depuis le milieu du XIXe siècle, les langues de Bretagne (le breton et le gallo) considérées par l’Unesco « sérieusement en danger », retrouvent peu à peu leurs places dans la société bretonne. Aujourd’hui, 4,7 % de la population bretonne parle breton dans les cinq départements (chiffre 2007). Collectivités, monde associatif, médias et nombreux bénévoles œuvrent pour promouvoir ces langues régionales et préserver la richesse représentée par ce patrimoine.
CRB
Office de la langue bretonne
Les langues, patrimoine de la Bretagne
Le breton est une langue celtique du groupe brittonique, arrivée en Bretagne avec les migrations des Bretons en provenance de l’actuelle Grande-Bretagne, entre le Ve et le VIIe siècle. Il y a cent ans, plus d’un million de personnes parlaient breton, elles sont presque cinq fois moins nombreuses aujourd’hui : 206 000 locuteurs selon un sondage de 2007, soit 4,7 % de la population de la Bretagne historique, aux trois-quarts âgés de plus de 70 ans. Le gallo est une langue romane : il est, comme le français, une variété de la langue d’oïl (du Nord de la France). Entre 2 à 5% de la population parleraient gallo dans la partie est de la Bretagne.
Deux langues en quête de reconnaissance
Les langues de Bretagne ont longtemps été dépourvues de statut légal et
interdites à l'école. La transmission familiale du breton s'est
quasiment arrêtée dans les années 1950 et celle du gallo s'est
progressivement éteinte.
En décembre 2004, la Région Bretagne a adopté, à
l'unanimité, un plan de politique linguistique. Ce plan fixe des
objectifs dans le domaine de la transmission des langues régionales et
de leur présence dans la vie de tous les jours. La Région y affirme "reconnaître officiellement, aux côtés de la langue française,
l'existence du breton et du gallo comme langues de la Bretagne".
Un amendement a permis en 2008 l'intégration des langues régionales dans la Constitution
française comme appartenant au "patrimoine de la
France" (article 75-1).
Guillaume Gauter
L’enseignement bilingue retrouve des couleurs
Depuis la création des écoles immersives Diwan en 1977 puis
des classes bilingues français-breton dans l’enseignement public (1983) et
privé (1990), le nombre d’enfants inscrits progresse chaque année. De la
maternelle au lycée, les enfants peuvent suivre une scolarité bilingue (le
breton étant, comme le français, la langue d’enseignement pour certaines
matières). Sur les 13 445 élèves scolarisés dans une école bilingue ou immersive
en 2010, 41,7 % sont inscrits dans le public (172 établissements), 33,6 % dans
un établissement privé catholique (144 établissements) et 24,7 % dans le réseau
associatif Diwan (83 établissements).
Certaines écoles primaires du Finistère proposent une
initiation à la langue bretonne. Des collèges et lycées proposent des cours de
breton ou gallo comme option ou langue vivante. Ainsi, dans le secondaire, un
établissement sur six propose des cours de breton (102 collèges, 23 lycées) et le
gallo est enseigné dans six collèges et sept lycées.
Les activités périscolaires se développent : 44 séjours
de vacances sont organisés par 14 structures différentes en 2011 (dont 2 en
gallo), 715 enfants y ont pris part en 2010.
Du côté de l'offre d’apprentissage du breton pour les adultes : en 2010-2011, environ 5 000 adultes fréquentaient les cours du soir, stages courts ou longs (6 mois) et cours par
correspondance pour apprendre le breton.
DR
Culture et médias en breton et en gallo
La création culturelle en breton et en gallo (édition, théâtre, chant, musique, spectacle vivant, etc.) a contribué depuis toujours à préserver la vitalité des langues de Bretagne et à transmettre le patrimoine linguistique auprès de tous les publics.
Les médias permettent aussi aux Bretons d’entendre les langues régionales dans la vie de tous les jours. Ainsi, plusieurs radios émettent en langue bretonne (Arvorig FM, Radio Kerne, Radio Bro Gwened, Radio Kreiz Breizh et France Bleu Breizh Izel). Des programmes en langue bretonne sont diffusés sur les chaînes de télévision bretonnes (France 3 Ouest, TVR, Ty Télé, Tébéo) et il existe également une web-TV tout en breton, Brezhoweb. Un journal hebdomadaire (Ya !) et des mensuels (Bremañ…) sont édités exclusivement en breton et d’autres journaux publient régulièrement des articles, chroniques, jeux, en breton.
Le breton dans la vie économique
En 2006, environ 900 postes (équivalents temps plein) étaient pourvus par des brittophones pour des emplois demandant la connaissance du breton. Ces emplois se répartissaient dans l'enseignement (75,5%), la culture (10,9%), l'audiovisuel (6,2%), les administrations et collectivités locales (2,5%), l'édition (2,5%). On estime qu’en 2011 le chiffre doit avoisiner les 1 200 postes.


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